L’être humain a-t-il du divin en lui ?
Auteur Christopher Vasey
On entend dire ici et là que l’être humain posséderait au plus profond de lui quelque chose de divin, et qu’il doit développer ce précieux trésor et être à son écoute pour se diriger correctement dans la vie.
Mais l’être humain est-il vraiment de genre divin ? Quelles sont les origines de cette conception et quelles en sont les implications ?
Cette croyance provient d’un certain ressenti et de l’interprétation qui en est faite.
Chacun a probablement déjà perçu qu’il possède au fond de lui quelque chose qui lui permet de se dépasser lui-même et d’agir avec noblesse, justice et compassion.
C’est une chose dont émanent également des intuitions fulgurantes et justes qui lui font soudain voir la réalité de manière beaucoup plus claire et vraie, une chose qui fournit des solutions à des problèmes qu’il croyait insolubles et, parfois, l’avertit de dangers imminents.
Ces manifestations ont été considérées avec raison comme dépassant ce que le terrestre était capable de produire, et comme étant beaucoup plus élevées et précieuses.
Pour mettre en avant le caractère merveilleux et supraterrestre de ces manifestations, certaines personnes leur ont attribué la plus haute origine qu’elles pouvaient imaginer : une origine divine.
Le panthéisme
Une autre raison de croire qu’il
existe une particule divine en l’être
humain découle du panthéisme.
D’après cette conception philosophique,
il n’y a pas de séparation
entre Dieu et sa Création. Dieu n’est
pas à l’extérieur et à côté de celle-ci,
mais réside en elle. Il y aurait identité
entre Dieu et sa Création, ensemble
ils ne formeraient qu’un.
L’univers avec tout ce qu’il comporte
serait donc Dieu ; ou, pour être
concis : Dieu est tout et tout est
Dieu.
L’être humain étant une partie de
ce tout, il est donc également une
partie de Dieu, et c’est pour cette raison
qu’il serait porteur d’une particule
divine. Posséder cette particule
expliquerait que l’être humain puisse
vouloir le bien et ressentir ce qui est
noble, grand et élevé.
De plus, en évoluant, cette particule
se développe, grandit et, en
atteignant son plus haut degré de
perfectionnement, finirait par submerger
la personnalité entière, ce qui
permettrait finalement à la vraie nature
divine de l’être humain de se
manifester pleinement.
Une autre manière de voir
Dans l'approche spiritualiste, le
Créateur transcende la Création,
C’est-à-dire qu’Il est au-dessus, et
séparé d’elle. Le Créateur a créé la
Création. Elle est son oeuvre et elle se
trouve en dehors de lui. Il ne réside
pas en elle, ni ne fait un avec elle. Il
s’agit de deux éléments distincts.
Étant extérieure à lui et un produit
de sa Volonté, la Création n'est
pas du même genre que Dieu. Elle
est d’un genre totalement autre,
beaucoup plus dense, lourd, rude et
imparfait.
Les créatures qui résident dans la
Création, comme les animaux et les
êtres humains, ont été créées par
Dieu. Elles sont également son
oeuvre et elles appartiennent à la
Création. Faisant partie de celle-ci,
elles ne sont pas du même genre que
Celui qui les a créées. Les esprits
humains ne peuvent par conséquent
pas se prévaloir de posséder quelque
chose de divin en eux.
Qu’en dit la Bible ?
Bien que dans la Bible Dieu soit
présenté comme étant séparé de sa
Création, un passage est souvent évoqué
pour suggérer le contraire. C'est
celui qui mentionne que «Dieu créa
l’homme à son image» (Genèse 1,27)
Créer «à l’image de quelque
chose» a une double signification :
soit reproduire exactement, c’est à dire
faire un double ; soit représenter
quelque chose d’approchant. De
laquelle de ces deux possibilités est-il
question ici ? Les faits excluent
d’office la première interprétation,
car à l’évidence l’homme n’est pas
une reproduction exacte de Dieu.
C’est donc la deuxième interprétation
qui est utilisée dans le verset biblique.
L’homme n'est qu’une représentation,
mais dans quelle mesure cette représentation
se rapproche-t-elle de son
modèle ?
Pour répondre à cette question, il
est nécessaire d’être conscient que
créer à l’image n’équivaut pas à créer
une image.
Créer à l’image signifie créer
selon l’image du Créateur, donc
selon une représentation de lui et
non pas directement d’après lui.
L’être humain est donc l’image d'une
représentation. On est ainsi très loin
d’une identité de genre qui pourrait
justifier que l’être humain porte en
lui quelque chose de divin.
Bien que l’être humain n’ait rien
de divin en lui, ne lui serait-il pas
possible d’acquérir ce genre en se
perfectionnant comme l’affirment les
panthéistes ? Ce serait possible si le
développement des facultés humaines
était illimité. Or ces facultés
dépendent de leur origine et sont
conditionnées par elle.