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Désastres financiers - les crises financières depuis 1929

Si l’être humain veut atteindre et maintenir de manière globale l’harmonie dans les relations humaines ainsi que dans tous les domaines de la vie sociale, il ne peut laisser de côté le principe créateur fondamental qui exige qu’il y ait toujours équilibre entre le donner et le recevoir.

C’est un absolu. Le non-respect de ce principe est source de disharmonie qui, à son tour, engendre envie, jalousie, haine, oppression, exploitation et tyrannie.
Paul Schmitt
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Les catastrophes financières dans le passé, le présent et le futur
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L’usage qui est fait de l’argent devrait en fin de compte refléter la valeur réelle des produits et des services échangés. La seule fonction de l’argent serait de servir de moyen d’échange dont la valeur nominale correspondrait autant que possible à la somme : marchandises plus services et transactions effectués. En tant que mesure, sa valeur devrait être stable, donc comme les mesures de longueur et de poids, non soumise à l’inflation. Peut-on imaginer que la longueur du mètre, la masse du gramme ou la capacité du watt doive être redéfinie quotidiennement ou qu’elle soit sujette à une inflation plus ou moins importante !

De plus, la valeur travail devrait toujours jouer le rôle central par rapport à l’argent. Or le système des intérêts est contraire à cette nécessité. Rappelons-nous à ce sujet les faits essentiels :

Les plus gros revenus sont actuellement obtenus dans une très large mesure sans travail, en tant que revenus d’intérêts, c’est-à-dire sans que les bénéficiaires aient à fournir un travail en échange. Le travail qui génère ces intérêts est effectué par des tiers, majoritairement par des personnes pauvres ne recevant aucune rémunération.

Viennent ensuite les revenus des personnes qui en font travailler d’autres en échange d’une rémunération. Ce cas peut être considéré comme étant dans l’ordre des choses lorsque la rémunération est équitable. Or, la tendance penche plutôt vers une rémunération insuffisante pouvant aller jusqu’à l’exploitation.

Les revenus les moins élevés sont habituellement obtenus par ceux qui travaillent réellement, et garantissent par leurs activités le fonctionnement de la société. La croissance explosive de la masse monétaire, sous l’effet des intérêts composés, fait en sorte que les monnaies ne représentent plus une mesure ou un point de repère fiable et stable.

Cet état de choses constitue un phénomène social extrêmement malsain, puisque les revenus d’intérêts obtenus sans aucun travail effectué en contrepartie et s’élevant dans certains cas à des milliards – avec les dettes équivalentes à l’autre bout – font de l’argent un instrument de pouvoir abusif de premier ordre qui se concrétise par l’exploitation et l’oppression.

Aujourd’hui comme par le passé, les causes des crises financières sont créées de manière quasiment continue, même si les conséquences du mauvais usage de l’argent ne se manifestent pas dans l’immédiat, mais seulement après un certain temps pendant lequel elles s’accumulent et se concentrent à l’instar du processus qui précède l’éclatement d’un orage électrique.

Nous allons par la suite analyser quelques-unes des crises financières et des mauvaises directions prises au cours du passé et du présent ainsi que les problèmes futurs prévisibles qui en découlent.

Les grandes crises monétaires du XXe siècle furent causées en premier lieu par la création d’une masse monétaire démesurée, tandis qu’à notre époque et dans un futur prévisible, l’effet néfaste sur le système monétaire provient de la croissance exponentielle des fortunes monétaires, due essentiellement aux intérêts composés.
La crise monétaire mondiale à partir de 1929 La grande inflation de 1923 en Allemagne avait profondément traumatisé la population et comme c’est souvent le cas, le boomerang revint quelques années plus tard sous la forme d’une catastrophe financière.

L’écroulement du système monétaire existant présentait une occasion historique d’introduire un système monétaire différent et meilleur. Mais personne ne saisit cette opportunité. Le besoin d’une monnaie stable était si grand qu’on créa, dans l’espoir de rétablir la confiance dans l’argent, le «Rentenmark», une monnaie liée à la valeur du sol et des terrains. C’est à ce moment que les États- Unis d’Amérique entrèrent en jeu.

En tant que gagnants économiques de la Première Guerre mondiale, ils disposaient au niveau mondial des plus importantes réserves d’or et avaient donc un grand intérêt à ce qu’un maximum de pays retournent à une monnaie couverte par l’or, ce qui était absolument insensé. Sous la pression des États-Unis, on fixa en Allemagne à 3 pour 1 le rapport papier monnaie/or.

Comme toujours après une guerre, l’économie florissait également en Allemagne dans les années 20, dites années dorées, où il fallait tout reconstruire. L’argent nécessaire pour cette reconstruction était couvert par des crédits et des apports en or américains et personne ne semblait vouloir voir l’importante dépendance face aux États-Unis que cela généra.

Ce jeu dangereux prit fin en 1929, au moment du fameux crash boursier connu sous le nom de «vendredi noir», lorsque de nombreuses affaires basées sur des spéculations et financées par des crédits connurent une fin subite, entraînant la population et de nombreuses banques dans la faillite. Les États-Unis ont par la suite annulé les crédits accordés et rapatrié une grande partie de leur or, forçant ainsi l’Allemagne à retirer du circuit économique la triple quantité de billets de banque correspondante, ce qui créa une pénurie monétaire et causa l’écroulement de son économie.
L’interdiction d’un miracle
Monde du Graal Billet banqueArgentier de Charles VII, Jacques Cœur (1395-1456) rétablit la confiance dans la monnaie. Son éphigie sur les billets de 1941 s’accompagnait de sa devise : « A ceurs vaillans, riens impossible ».
Au milieu des effets néfastes de la crise économique mondiale germait en Autriche, dans la petite ville de Wörgl au Tyrol, l’inspiration qui aurait pu donner la plus grande et la plus importante réforme monétaire de l’histoire.

Concrètement, le maire de la ville de Wörgl utilisa le principe du réformiste Silvio Gesell qui proposait la création d’un nouveau système monétaire basé sur deux conditions :
1. La masse monétaire devait être fonction du développement du produit national.
2. Les intérêts accordés pour les masses monétaires thésaurisées devaient être supprimés et une pénalisation monétaire sur les montants d’argent accumulés devait être introduite, afin d’en assurer la circulation.

À Wörgl, l’application de ce système consistait à coller mensuellement sur chaque billet de banque libre un timbre équivalant à 1 % de sa valeur nominale afin de garantir sa validité. Si par exemple une personne retenait un billet de 100 Schillings durant un an, il lui en coûtait 12 Schillings qu’elle devait rembourser à la caisse communale en faveur de la collectivité.

Bien entendu, pour éviter de payer cette taxe, la majorité des habitants de la ville dépensaient l’argent aussitôt reçu, et nombreux étaient ceux qui payaient même leurs taxes municipales d’avance. De cette manière fut résolue de façon idéale la circulation continue de l’argent, condition indispensable au bon fonctionnement de tout système monétaire.

Ce qui, de prime abord, peut paraître fort théorique, se mit à porter rapidement ses fruits sur le plan concret : le chômage baissa au cours d’une seule année de 25 %, la vie économique reprit son essor, la misère diminua considérablement et un nouvel espoir commença à germer. La ville fut même en mesure de s’offrir un nouveau pont, tandis que partout dans les environs proches et lointains la économisère persista avec la même intensité.

Une centaine de communes autrichiennes ainsi que des personnes de partout dans le monde s’intéressèrent au modèle financier de Wörgl, étant donné son succès si évident et si frappant. Mais ce fait dérangeait fortement la banque centrale autrichienne qui porta plainte en justice, en invoquant son monopole en matière d’émission et d’approvisionnement monétaire, et eut gain de cause. Le «miracle de Wörgl» fut interdit, non parce qu’il fut un échec, mais parce qu’il fut un trop grand succès !
L’argent et le pouvoir durant le national-socialisme Est-il juste d’établir un rapport entre la prise de pouvoir des nazis et la Deuxième Guerre mondiale et le système monétaire ? C’est tout à fait juste. Un peuple vivant dans un bienêtre économique et social aurait-il eu tendance à nourrir des forces extrémistes et à déclencher une nouvelle guerre si peu de temps après en avoir perdu une ? Certainement pas.

Ainsi l’Allemagne se trouva de nouveau à terre, avec des millions de chômeurs qui devaient leur sort quasi exclusivement à un système monétaire erroné dans lequel la valeur de la monnaie était reliée à l’or. À ce sujet, Bernd Senf, l’auteur du livre «Der Nebel um das Geld» dit que l’aveuglement des hommes et des partis politiques, ainsi que des spécialistes en matière de politique monétaire, généra un vacuum que le national-socialisme a su occuper avec un succès sans égal grâce à sa propagande. Mis à part le slogan «Brisez les chaînes de Versailles», ce fut surtout le programme visant la réduction du chômage des masses qui attira un grand nombre de personnes et leur donna un nouvel espoir.

La réduction rapide du chômage – dont parlent encore aujourd’hui avec enthousiasme et nostalgie bon nombre de personnes âgées, ainsi que beaucoup de néo-nazis – n’a pas été un exploit particulier du nationalsocialisme, mais plutôt le résultat d’une des multiples façons de financer une guerre. Les nazis ont tout simplement augmenté la masse monétaire par l’émission de nouveaux billets de banque afin d’offrir des emplois à l’armée des chômeurs, par exemple dans la construction d’autoroutes et dans l’industrie de l’armement, ce qui constituait en fait des préparations stratégiques.

L’inflation créée par cette façon de procéder fut endiguée de force, en particulier en exigeant des salaires et des prix fixes. Les conséquences se manifestèrent seulement après la fin de la guerre et imposèrent la nécessité d’une autre réforme monétaire.

Dans la réforme de 1948, lors de laquelle fut introduit le Deutschmark (DM), le taux de change était de 10 pour 1. Cela signifie que les nazis avaient réussi à camoufler durant les quelques années où ils étaient au pouvoir une inflation de plusieurs centaines de pour-cent, ce qu’on ne peut guère considérer comme un exploit digne d’admiration. Sans parler de l’expropriation et de l’assassinat d’innombrables juifs, ce qui leur donna de la façon la plus inhumaine accès à une autre source monétaire.
La conférence monétaire internationale de Bretton Woods Certaines décisions cruciales ayant un impact à long terme sur l’ensemble de la planète sont souvent prises en comité secret restreint et à l’insu de la population concernée. Une de ces réunions décisives exerçant ses répercussions jusqu’à nos jours fut la conférence monétaire internationale qui a eu lieu en 1944, à Bretton Woods aux États-Unis.

L’objectif de cette conférence fut en soi louable et nécessaire, puisqu’il s’agissait de déterminer des taux de change stables entre les monnaies. Deux suggestions se trouvaient à l’ordre du jour : celle de l’Anglais John Keynes et celle de l’Américain Harry White. Considérée objectivement, la suggestion de M. Keynes était la meilleure des deux : il proposait la création d’une monnaie étalon fictive appelée Bancor, qui devait servir de référence pour les autres monnaies.

Mais sous la pression des États-Unis fut adopté le plan White qui fit du dollar américain la monnaie dominante couverte par la valeur de l’or correspondant à 35 $ par once d’or fin. Les autres monnaies se retrouvaient ainsi assujetties au dollar américain. En 1952, lorsque l’Allemagne rejoignit l’accord de Bretton Woods, le rapport DM/$US fut fixé à 4 pour 1. Dès que la demande en dollars baissait sur le marché mondial des finances, les banques centrales des pays signataires étaient obligées d’acheter les montants respectifs de dollars, ce qu’on appela élégamment «le devoir d’intervention des banques centrales sur le marché des devises».

Ce devoir d’intervention ne signifiait en réalité rien d’autre que l’obligation pour les pays signataires de convertir les quantités nécessaires de leur monnaie en dollars afin de préserver la valeur de ce dernier. Si les États-Unis avaient mené une politique monétaire responsable et stable, la connexion des autres monnaies au dollar aurait encore pu être considérée comme acceptable, mais tel n’était pas le cas. Déjà durant la guerre du Vietnam, les États-Unis ont commencé à augmenter l’émission de leur monnaie, et puisque tous les pays liés aux accords de Bretton Woods étaient obligés de racheter des dollars coûte que coûte, une grande partie des frais militaires fut en fait transférée sur ces pays, ce qui les fit participer involontairement aux atrocités de cette guerre.

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