@ Connaissance de soi

Résoudre les conflits par l'amour

De nos jours, l’ampleur des désastres naturels entraîne de nombreuses victimes dans leur sillage.
Il est évident que nous pouvons tous être touchés par une grande souffrance de cet ordre. Mais que dire de la situation de tous les jours dans les relations personnelles ?

À l’échelle mondiale, les statistiques montrent que les relations se dégradent et que le chiffre des divorces continue à grimper, ce qui nous pousse à nous demander si nous sommes encore capables de communiquer, de comprendre les autres et de nous faire comprendre.
Auteur : Suzanne Barknovitz Suzanne Barknowitz (Auteure)
Reconnaître la véritable nature de l'amour
Le conflit
Le fondement d’une relation saine, stable et durable est l’amour. Cependant, le concept d’amour est tellement galvaudé qu’il n’a plus aucun écho en nous ou qu’il n’a plus de sens.

L’exhortation maintes fois citée de Jésus à «aimer son prochain comme soi-même» a-t-elle été mal interprétée ? Il est extrêmement difficile de comprendre ce concept ou de le saisir intuitivement.

Toutes les déclarations attribuées à Jésus dans la Bible s’adressent à l’esprit de l’homme, à son noyau vivant, profond, qui est spirituel, et non à son intellect, à ses sens ou à son existence physique, comme beaucoup le croient.

L’esprit porte en lui toutes les facultés humaines intrinsèques, à savoir la capacité d’aimer, de faire confiance, de prendre des décisions, d’assumer des responsabilités et bien d’autres choses encore.

Il est de notre devoir d’être humain de développer et d’utiliser ces capacités dans notre vie de tous les jours.

De mon point de vue, «aimer son prochain comme soi-même» signifie simplement : «Respecter sa nature profonde, lui laisser la place de se développer – et s’accorder la même chose !»

Viktor Frankl, psychiatre viennois bien connu et fondateur de la Logothérapie, voit l’amour comme une relation de personne à personne, qui nous permet d’être conscient de l’individualité unique de notre partenaire. Aimer, c’est être capable de percevoir quelqu’un d’une part tel qu’il est réellement, et d’autre part, tel qu’il pourrait être s’il développait tout son potentiel. Cette disposition forme, pour la personne concernée, l’aide et le soutien pour changer, à condition qu’elle soit prête à ce changement.

On peut dire que souvent les rapports se désagrègent parce que nous pénétrons rarement jusqu’au cœur de chaque être. Nous n’accordons pas vraiment de place au développement intérieur aussi bien pour nous-même que pour notre partenaire.

Notre jugement est centré sur les choses extérieures comme l’apparence de la personne, son comportement, ses défauts, ses faiblesses ou ses forces, et notre affection ne tient compte que de cela. Si celui que l’on côtoie a un comportement qui ne répond pas à notre système d’évaluation personnel, bien souvent nous lui retirons notre soutien et notre attention. Chaque jour, nous devons moissonner la récolte amère de ce comportement, dans les petites choses comme dans les grandes.

Nous ne réussissons plus à communiquer ! Pour une existence faite d’amour, la condition nécessaire est l’empressement à s’ouvrir, et à sentir ce que l’autre pourrait être, c’est comprendre sa nature et lui permettre d’être celui qu’il est véritablement.
Reconnaître la nature de l’homme Viktor Frankl, qui a survécu à l’holocauste, s’est fait connaître en particulier par son livre «Découvrir un sens à sa vie». Il témoigne de façon saisissante que la vie est guidée d’en haut, que l’on peut garder et même approfondir cette conviction et de ne jamais oublier sa signification, même face aux conditions inhumaines les plus effroyables.

La nouvelle approche révolutionnaire de la psychiatrie de Frankl se base sur le savoir que le spirituel est l’essence même de l’être humain.
Il souligne que la nécessité de réveiller ce noyau spirituel, de s’adresser à lui et de le renforcer permet à l’homme de gérer ses problèmes, ses troubles et ses faiblesses. Cette méthode purement constructive et bénéfique ne s’attache pas au passé et ne s’appuie pas sur les faiblesses.

Ses idées primordiales concernant l’homme peuvent être résumées et expliquées en quelques points :

Être un humain, c’est avoir une personnalité
Le mot latin «Persona» signifie «sentir à travers».
Quelle est la signification spirituelle de ce mot, qu’est-ce qui sent à travers nous ?
N’est-il pas évident que la volonté du Créateur, la volonté de Dieu nous traverse ?
La notion contenue dans ce terme montre que notre tâche d’être humain est d’apprendre à écouter attentivement ce qui résonne à travers nous et de nous ouvrir pour entendre et reconnaître la volonté du Créateur qui se révèle lui-même par les lois de la nature.

La liberté fait partie de l’être humain
Cela signifie qu’il est libre de prendre des décisions. Dans chaque situation donnée, malgré les restrictions que nous nous sommes imposées, nous voulons utiliser notre liberté à chaque occasion qui nous est encore accessible, si minime soit-elle.

Même dans la souffrance la plus dure, la liberté est toujours présente dans l’attitude intérieure. Il s’agit de détourner notre attention de ce qui nous accable et de la tourner vers ce qui est encore possible.
Ainsi, de nouvelles voies s’ouvriront.

La responsabilité est une autre caractéristique de l’être humain
Nous savons qu’être responsable signifie que nous avons à supporter les conséquences de nos libres décisions. Le mot responsabilité renferme aussi la notion de réponse.

L’être humain doit répondre le mieux possible aux questions que la vie lui pose tous les jours, à chaque instant. L’appel de la vie demande que nous agissions pour le mieux et fassions notre possible.

L’être humain est en mesure de prendre de la distance et de se surpasser
Nous sommes capables de voir au-delà de nous-mêmes jusqu’au sublime. Nous pouvons spirituellement prendre de la distance par rapport à nos émotions.

Autrement dit, on peut aborder un problème en sachant prendre de la distance.
Reconnaître la nature du conflit Pour changer de façon positive des relations interpersonnelles, deux choses sont indispensables : vouloir travailler sur soi et savoir que bien qu’on ne puisse pas changer autrui, on peut du moins se changer soi-même.

La façon dont nous interagissons avec autrui peut déboucher sur une situation de conflit.
Cependant, en étant suffisamment attentif, on ne devrait pas toujours avoir à résoudre des situations de conflit.

Nous devrions tendre de toutes nos forces à dépasser les conflits existants ou, mieux encore, à savoir les éviter.

En général, les conflits naissent à cause de fautes ou de faiblesses.
Nous sommes fixés sur nos désirs, nos soucis et nos façons de voir.
Il y a des envies qui veulent à tout prix être satisfaites comme le pouvoir, l’influence, le prestige, qui se manifestent dans le désir de faire la loi.

On veut simplement se sentir important, être mieux que l’autre, être aimé et accepté, avoir plus que l’autre, et bien d’autres choses.

Si on ne fait que se regarder soi-même, cela entraîne des crises et des conflits.
Se contempler soi-même est comme un mur invisible qui s’élève entre soi et les autres, faisant obstacle à toute approche.
Celui qui est centré sur lui-même n’est pas ouvert et, en conséquence, ne peut pas toucher les autres, et ne peut pas être atteint non plus.

Il s’agit de changer de point de vue, de le changer avec logique, et de diriger notre attention sur l’être avec qui nous voulons entrer en relation, et enfin et surtout envers le Créateur et sa volonté qui anime et soutient la Création entière.

Certaines causes de conflits sont fréquentes et connues :

Les valeurs humaines ne sont pas suffisamment respectées ; chacun défend ses propres valeurs et croyances et les place au-dessus de celles des autres.

L’estime personnelle du partenaire est bafouée – le tort est important et les réactions peuvent être violentes ; des actes sans retenue et des propos exagérés peuvent s’ensuivre.

Nous ne permettons pas à l’autre d’être différent.

Des malentendus inattendus naissent à cause de notre façon de penser. La parole de l’interlocuteur est parfois mal interprétée, selon notre attitude intérieure.

L’attitude d’une personne dépend de ses perceptions.
Si, par exemple, quelqu’un se conduit mal une ou plusieurs fois, il y a de fortes chances que l’on s’attende de sa part au même genre d’attitude dans le futur.
Les expériences désagréables influent sur le climat de chaque rencontre ultérieure et sur chaque phrase prononcée par lui.

Le mécontentement permanent envers les autres, et souvent envers soi-même, vient du fait que l’on est trop critique.

Lire la suite

télécharger l'article extrait de la revue Monde du Graal

S'abonner à la revue Monde du Graal : 22€ pour la France métropolitaine et DOM
Les droits de la femme suite...
Le meilleur de soi : rencontre avec Guy Corneau suite...
Première de couverture regard sur l'autre monde (52px). Livre Regard sur l'autre monde - Herbert Vollmann suite...