Changer de vie et penser autrement ! (2ème partie)
Dans la première partie de cet article, publié dans le n° 277
d’avril 2009, le Docteur Ndukute définissait l’homme en tant qu’être
humain d’origine spirituelle. Il explique que la pensée joue
un rôle important dans la vie de chacun de nous. Ce que les
travaux des psychologues, médecins et sociologues démontrent
journellement.
Dans cette 2ème partie, le Docteur Ndukute nous aide à comprendre
le sens profond des choses et le sens de la vie. Nous nous rendons
compte que «Changer de vie, penser autrement» est à notre portée,
car vouloir c’est pouvoir.
Pensées de peur
Je vous donne en exemple un cas
vécu dans mon pays à l’époque
coloniale : je me suis laissé dire
que dans l’armée coloniale, qui avait
pour nom «la Force Publique», les
officiers belges, ayant observé la peur
des fantômes qu’éprouvaient certains,
ont décidé de l’éradiquer chez leurs
soldats «indigènes». Le stratagème
était de taille.
Un détachement recevait l’ordre
d’aller monter la garde en pleine nuit
dans un cimetière, arme au poing !
De temps en temps un soldat
s’écroulait en frissonnant et en poussant
des cris : il venait de voir un
fantôme !
On le ramassait. Son fusil
retournait à sa place habituelle et le
poltron allait tout droit au cachot. La
nuit suivante, il quittait son cachot
pour retourner monter la garde au
cimetière. Au bout de quelques
séances de ce genre, plus personne ne
voyait de fantôme ! Pourquoi les
fantômes disparaissaient-ils tout
d’un coup ? Simplement parce qu’ils
n’existent pas par eux-mêmes. Le
fantôme n’a pas de vie en lui, il n’a par
conséquent aucune force qui puisse
justifier la peur.
Le fantôme n’est que la concrétisation
de nos pensées de peur.
L’enfant qui a peur de passer la nuit
seul dans une chambre, l’adolescent
qui a peur de sortir la nuit dans
l’obscurité, l’adulte qui a peur de
passer par un cimetière même en
plein jour, émettent des pensées de
peur qui peuvent se concrétiser, pour
chacune d’eux, dans la vision d’une
forme fantomatique. Donc, sans
peur, pas de fantôme !
Pas davantage
de cette fausse inquiétude qui n’est
fondée sur rien.
Si déjà une pensée de peur peut
agir ainsi, qu’en est-il d’une pensée
de joie, d’amour ou de paix ?
On sait aujourd’hui que l’état
dans lequel on mange est plus déterminant
pour la santé que la nourriture
elle-même. De même, l’état dans lequel
on vit, ou dans lequel on accueille
les événements est pour notre
vie plus incisif que l’événement lui-même,
si dur soit-il.
Le bonheur est
plus dans l’être que dans l’avoir,
plus dans l’état d’âme que dans
l’état physique ou dans la situation
matérielle, car «l’argent ne fait pas
le bonheur», dit le vieil adage !
Il y contribue, pensons-nous,
mais quoi qu’il en soit, la façon de
penser et la teneur de nos pensées
sont plus incisives que ce que nous
possédons.
Les lois de base
«Un homme heureux», disait
Maurice Thieche, «n’est pas nécessairement
celui qui a tout ce qu’il
veut.
C’est celui qui se contente de ce
qu’il peut avoir raisonnablement,
honnêtement. C’est celui qui accepte
les déceptions, les privations, en gardant
intacts tous ses moyens d’action».
(Guide de Formation Personnelle,
Éditions Vie et Santé, France)
En réalité, il faut se dire que tous
les événements de la vie comportent
à la fois un aspect favorable et un
autre défavorable qui sont toujours,
malgré certaines apparences con -
traires, utiles et précieux dans leurs
effets.
Dans tout ce qui nous arrive, il y
a toujours des raisons profondes qui
nous échappent souvent. Le secret
de la bonne humeur consiste donc à
rechercher ces raisons, à les jauger,
afin de réfléchir en conséquence et
d’arriver à changer de vie.
Pour ce faire,
chacun doit chercher non seulement
à se connaître, car «ce qui convient à
l’un ne convient pas à tous, ce qui est
utile à l’un peut nuire à l’autre», mais
aussi à connaître le sens de la vie et
des lois universelles qui la régissent.
Ainsi, les pensées de joie et
d’amour élèvent et changent notre vie,
elles nous marquent et influencent
nos contacts avec notre entourage.
Les pensées de discorde, d’égoïsme,
de violence et de peur alourdissent
et assombrissent notre vie, et notre
entourage peut en ressentir les effets,
car elles sont la cause de beaucoup
de vices et de penchants dont souffre
le monde d’aujourd’hui.
De même qu’il existe les lois de la
santé, qui doivent être respectées
pour que le corps soit sain, il existe
les lois de la santé psychique ou lois
spirituelles qui permettent à l’âme
de garder son équilibre.
Au nombre
de ces lois, citons très brièvement :
- la loi de la pesanteur, qui nous
élève ou nous rabaisse selon que
notre aspiration est constructive ou
destructive ;
- la loi de l’attraction des affinités,
qui rassemble automatiquement ceux
qui se ressemblent, selon le genre de
leurs intuitions, paroles, pensées et
actes. Elle s’exprime par l’adage :
«Ce qui se ressemble s’assemble», ou
«Dis-moi qui tu hantes et je te dirai
qui tu es» ;
- la loi de la compensation, qui
veut qu’il y ait un juste équilibre
entre le donner et le recevoir, le
prendre et le rendre et ce, au niveau
corporel, animique, social...
- la loi de la réciprocité des effets,
également appelée loi du destin, loi
du karma, loi de rétroactivité, ou
encore loi des semailles et des récoltes.
C’est celle qui nous restitue, tôt ou
tard, comme la semence terrestre,
les fruits de notre bon ou mauvais
vouloir, de nos bonnes ou mauvaises
pensées, du bien ou du mal que nous
avons fait.
De toute évidence, le «matérialisme
non maîtrisé» entraîne nécessairement
l’égoïsme, la convoitise, le
manque de valeurs, et provoque
d’inextricables tensions dans le
monde, puisque le contenu de nos
pensées est surtout axé sur des
choses telles que l’argent, le sexe, les
biens matériels, etc.
Ainsi avons-nous développé une
façon de penser trop matérielle et
souvent empreinte de convoitises de
toutes sortes. Ce qui est à l’opposé
du sens profond de la vie qui exige
la spiritualisation de nos activités,
c'est-à-dire la recherche de valeurs
promotrices dans chacun de nos actes.
Vouloir c’est pouvoir
Changer de vie, penser autrement
nous amène à comprendre que
«vouloir, c’est pouvoir !», et que c’est
l’homme lui-même qui façonne son
destin. Et un des éléments clés pour
bien mener notre vie sur Terre, est
le pouvoir de la pensée, ou mieux
encore, «la force du bon vouloir». La
pensée est une puissance agissante,
formatrice, transformatrice, et qui a
des répercussions en nous et autour
de nous.
La vie est régie par des lois immuables.
Ceux qui croient doivent
non seulement apprendre à connaître
ces lois, mais encore s’efforcer de les
respecter, car elles sont l’expression
immuable de la volonté de Dieu.
De leur côté, les hommes de
science respectent scrupuleusement
les lois de la nature dans toutes
leurs recherches et leurs réalisations
techniques, parce qu’ils savent que
c’est le seul gage de réussite de leur
entreprise ou de leur santé…
Mais au lieu de respecter les lois
simples et naturelles, au cours des
temps la plus grande partie de l’humanité
se laissa aller à des convoitises
de toutes sortes.
Et ce genre de pensées influença
nos faits et gestes en commençant
par le simple désir et la ruse jusqu’à
l’envie, la haine ou le mécontentement.
Ainsi, l’homme moyen n’apprécie
pas souvent ce qu’il nomme
son bien propre, mais veut toujours
ce qu’il ne possède pas encore, et sa
convoitise le pousse à mener une vie
sans satisfaction, sans frein ou sans
conscience.
Saisissons donc le sens profond
des choses et de la vie pour pouvoir
penser autrement. Pour y parvenir, il
y a lieu de rappeler que si l’esprit qui
est le moi profond de l’être humain
ne participe pas au déroulement de
notre existence terrestre, il s’ensuit
une diminution de force et d’équilibre
en nous.
Il se fait malheureusement que
nos aspirations, et par conséquent
nos pensées, ne sont orientées que
vers ce qui est éphémère, notamment
l’argent, le sexe, le confort
matériel, et les distractions de
toutes sortes.
Or quiconque ne donne pas à son
activité un but spirituel, c'est-à-dire
élevé, ne peut subsister ; une telle
situation entraînera toujours des
perturbations de tous ordres. Dans
la vie quotidienne, quel que soit le
domaine de notre activité, n’oublions
pas, comme le disait Rabelais, que
«Science sans conscience n’est que
ruine de l’âme».
Lorsque nous aurons compris ce
que la pureté de nos pensées et ce
que l’amour véritable exigent de
nous, nous aurons moins de problèmes
dans notre existence terrestre.
Il est donc grand temps de «penser
autrement pour changer notre vie».
Dr Nicolas Ndukute Nganser
docteurnicolasndukute@yahoo.fr
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