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Lorsque la flamme amoureuse faiblit...

Généralement, plus du tiers des mariages se solde par un divorce ou une séparation. Nous pouvons imaginer que ceux qui vivent en cohabitation connaissent le même taux d’échec, mais selon toute probabilité, ce taux est sans doute plus élevé. De plus, nous ne savons pas quel est le nombre de couples qui demeurent ensemble seulement pour sauver les apparences. L’auteur s’interroge ici sur les principes fondamentaux nécessaires pour parvenir à une vie de couple réussie.
Auteur: Claus Georg Tornai
Un regard superficiel sur l’époque de nos parents et grands-parents pourrait nous laisser croire que les mariages y étaient beaucoup plus durables. Les divorces étaient rares et les couples vivaient ensemble pour toujours, comme dans les contes de fées. Mais l’amour était-il toujours présent ?

Comme c’est le cas aujourd’hui, dans le passé l’amour n’a pas toujours été à la base du mariage. Le terme paradoxal de «mariage de raison» ou «mariage de convenance» était courant à l’époque. Même les mariages basés sur l’amour mutuel pouvaient se transformer, après une période amoureuse initiale, en relations superficielles sur lesquelles la famille élargie exerçait, de plus, une grande influence.

Par conséquent, une véritable relation homme-femme était plutôt rare. Une seule devise s’appliquait lors des querelles : «rester ensemble à n’importe quel prix», spécialement lorsque le couple avait des enfants. D’autre part, l’Église catholique tenait le mariage pour sacré, et le considère encore de nos jours comme un sacrement. Le divorce était également réprouvé par l’Église protestante et les divorcés étaient mis au ban de la société.

Ces mariages boiteux, par manque d’un fondement intérieur commun, se prolongeaient uniquement pour des raisons matérielles. Un divorce était souvent financièrement inaccessible. De plus, les rôles joués par l’homme et la femme étaient différents de ceux d’aujourd’hui. L’épouse s’occupait des tâches ménagères et élevait les enfants, alors que l’époux subvenait aux besoins financiers de la famille. C’est pour ces raisons que les conjoints dépendaient l’un de l’autre. De nos jours, beaucoup d’hommes participent aux tâches ménagères, tandis que les femmes exercent des professions autrefois réservées aux hommes.

Dans le passé, plusieurs facteurs masquaient l’absence d’amour entre les partenaires. Mais, aujourd’hui, il n’est plus possible d’agir ainsi, même si les opinions demeurent divisées quant à la nouvelle conception du rôle de chaque sexe. On sait maintenant assez rapidement si la stabilité du couple a des chances de se maintenir.
Comment réussir une relation ? Quels sont, en définitive, les facteurs qui déterminent le succès d’une vie de couple ? Comment un amour sincère peut-il se maintenir pendant plusieurs années ? Est-il important d’avoir des intérêts communs – d’après la maxime «qui se ressemble s’assemble» – ou ne devrions-nous pas au contraire être différents, puisque «les contraires s’attirent» ? Le couple doit-il tout faire ensemble ou chacun doit-il plutôt garder un espace qui lui est personnel ? Une attitude romantique suffit-elle, contrairement à l’opinion générale, à perpétuer le sentiment amoureux initial ?

En devenant amoureux, nous croyons avoir enfin trouvé celle ou celui qui nous sera complémentaire. Notre estime de soi grandit et nous devenons plus créatifs. Le manque de confiance en soi semble disparaître et même notre environnement devient plus radieux. Après quelque temps toutefois, l’attirance mutuelle s’atténue et les aspects moins séduisants de l’autre nous deviennent plus évidents. Ce qui nous épanouissait au début se transforme en contrainte.

Beaucoup pensent alors qu’il est temps de changer de partenaire et s’engagent dans une relation extraconjugale, ou simplement mettent un terme à la relation. Certains peuvent aussi se laisser aller à des excès d’alcool ou de nourriture, devenir des acheteurs compulsifs ou des bourreaux de travail et ainsi de suite, selon leurs faiblesses ou leurs inclinations. Les chemins suivis par les êtres humains sont aussi variés que les êtres humains eux-mêmes.

Mais tôt ou tard, chacun doit faire l’effort de transformer l’histoire d’amour initiale en union durable. Pour ce faire, il est nécessaire d’accorder une attention constante aux habitudes et aux comportements qui peuvent, à la longue, détruire une relation. Par exemple : est-ce que je commence à voir mon partenaire seulement en tant que mère ou père de mes enfants, et est-ce que les enfants deviennent notre unique sujet de conversation ? Les partenaires communiquent-ils d’égal à égal ou tentent-ils plutôt d’éduquer l’autre comme s’il était un enfant ? L’union ne se maintient-elle que par une sorte de sentiment de pitié ou de sacrifice ?

L’entreprise que nous avons bâtie ensemble est-elle la seule chose qui nous unit encore ? Est-ce que je prends en compte mes besoins personnels, ou est-ce que je considère seulement ceux de mon partenaire ? Dans ce cas, la relation repose sur les épaules d’un seul pour assumer toutes les tâches, soit au travail, soit à la maison ou dans l’éducation des enfants. Jamais le sentiment romantique du début ne devrait être perçu comme un appât destiné à piéger le partenaire dans un mariage où il sera par la suite écrasé sous le poids des devoirs.

Lorsque nous devenons amoureux, nous avons la même vision d’un idéal à atteindre. Nous devrions nous efforcer, par la suite, de tendre vers cet idéal de collaboration harmonieuse à chaque moment de notre vie commune.

Nous devrions nous efforcer, comme partenaire, de toujours être digne de confiance, d’avoir des égards et de veiller à notre apparence, d’ennoblir tout ce qui concerne nos relations de couple, de partager nos opinions avec notre partenaire sur des questions qui nous tiennent à cœur, mais aussi de nous rapprocher dans le silence.

Une liaison durable avec notre partenaire ne vient pas sans effort. À cet égard, il peut être utile de réserver des moments dans notre quotidien où tout le reste sera relégué au second plan. Le troisième commandement, «Tu sanctifieras le jour du repos», nous donne un conseil précieux : utilise le jour du repos pour t’arrêter et penser à l’amour de Dieu et, par la même occasion, pour porter aussi plus d’attention à ton partenaire.

Le fait d’adorer Dieu ensemble de manière vivante peut être l’une des plus précieuses aides pour garder un mariage viable. En dehors de leurs efforts mutuels, il est également important que chaque partenaire demeure attentif à son individualité spirituelle. Occasionnellement, il peut être bénéfique d’établir certaines limites afin que chacun puisse avoir un espace personnel dans lequel il peut se retirer de temps en temps. Ce lieu peut être situé à l’intérieur ou à l’extérieur de la maison. Un partenaire peut, par exemple, ressentir le besoin d’avoir ses propres amis en plus des amis communs du couple, pourquoi pas ?

Une liaison trop fermée peut devenir une cage dorée et détruire le couple. Une saine relation, au contraire, peut comporter des périodes de rapprochement, tous les deux sur la même île, et des périodes d’éloignement, chacun seul sur son île.

Assurément, il n’existe pas une seule voie pour tous, parce que nos besoins sont très différents et qu’ils changeront à maintes reprises au cours du développement de nos personnalités. C’est pourquoi, plutôt que de s’appuyer sur des notions strictes pour vivre harmonieusement, nous devrions apprendre à garder un œil toujours ouvert aussi bien sur nos besoins que sur ceux de notre partenaire !
L’harmonie des âmes Un des préalables à toute relation réussie est l’harmonie entre les âmes. Nous avons, sûrement, beaucoup plus de chance de rester unis avec une personne qui pense et qui ressent les choses comme nous.

Néanmoins, à l’intérieur de ces affinités, le partenaire joue un peu le rôle de pôle opposé, tout en restant complémentaire à la personnalité de l’autre. En cela également réside une aide pour nous remettre en question et grandir spirituellement. Si cet échange fait défaut, il arrive que l’un des partenaires adopte seulement les vues de l’autre. Dans ce cas, le processus qui permet à chacun d’apprendre de l’autre ne pourra pas se développer.

La volonté de «travailler» sur cette relation est une autre condition pour une union harmonieuse et durable, tout comme nous devons le faire chaque jour pour notre épanouissement spirituel. Cette voie aura toujours ses hauts et ses bas, mais le secret de la réalisation de soi et du dévouement se révélera à nous de plus en plus clairement en cours de route. C’est en nous consacrant entièrement à ce qui nous tient le plus à cœur et en laissant de côté nos intérêts personnels que nous pouvons vraiment être nous-mêmes et heureux.

L’amour place en priorité le bien-être du partenaire, et cet empressement d’être là l’un pour l’autre est le fondement même du mariage tel que le décrit Abd-ru-shin dans son livre «Les dix commandements de Dieu» : «Un mariage existe donc uniquement là où l’harmonie et la paix règnent comme quelque chose de tout naturel. Où l’un cherche toujours à vivre pour l’autre et à le rendre heureux. La partialité et l’ennui mortel tellement corrupteur sont a priori absolument exclus et pour toujours, comme également le périlleux désir de divertissement ou l’illusion d’être incompris ! Les instruments assassins de tout bonheur !...

Cependant lors d’un véritable amour de l’âme, le joyeux don de soi réciproque est quelque chose de tout à fait naturel, et par répercussion une frustration d’une des parties est aussi complètement exclue.» (Le sixième commandement) Le mariage a toujours été quelque chose de grand et de particulier. Il s’agit d’un cadeau qui procure chaque jour à chacun des conjoints un nouvel élan pour l’évolution et l’épanouissement personnel.

Ce cadeau doit, évidemment, être utilisé de la bonne manière.
couverture du livre Réponses aux questions non résolues de la vie Réponses aux questions non résolues de la vie suite...